Photo septembre 2026

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Île volcanique avec sommet actif émettant de la fumée blanche, entourée d'une mer bleue turquoise.
© Imago Diebus

Une île, deux villages à l’opposé. Chacun assis sur sa pente, la mer pour horizon et surtout « Iddu » dans le dos. « Lui », ils l’entendent en même temps, toutes les dix ou vingt minutes, depuis deux mille cinq cents ans. Et pourtant, aucun des deux ne se voit l’un l’autre. Pour les tenir ensemble dans un même regard, il faut passer au-dessus. De là-haut, ce sont deux taches blanches sur le même cône, qu’on ne saurait pas distinguer.

Pour aller d’un village à l’autre il faut le bateau, ou monter par le haut avec un guide, bien sûr quand Iddu le permet. On y va peu. D’ailleurs, pourquoi aller chez des gens dont on n’est même pas certain qu’ils existent, et qui, à ce qu’on dit, ont des coutumes bizarres. Ils ramassent les câpres comme ici, sauf qu’eux en font de la confiture, et ils font pousser des lentilles noires dans la cendre. Qui aurait l’idée de faire des choses pareilles ?

De l’autre côté, à la même heure, on dit la même chose. Les mêmes câpres, la même cendre, la même explosion toutes les dix ou vingt minutes.

Iddu, lui, n’a jamais fait la différence.